TL;DR
- Un plan de travail carrelé se recouvre sans dépose, à condition de reboucher les joints pour obtenir une surface plane.
- Le test qui décide : passez le doigt sur un joint. Si vous sentez le creux, il faut le reprendre avant la pose.
- Un carrelage en relief, avec listel ou avec des carreaux descellés, n’est pas recouvrable. C’est le seul vrai cas de refus.
- La préparation représente la moitié du temps de chantier et la totalité du résultat.
Un plan de travail carrelé est l’un des meilleurs supports pour un covering, et l’un de ceux où la préparation décide de tout. Le film ne masque pas un joint creux, il le révèle, parce qu’une surface horizontale est éclairée par le haut et que la lumière rasante dessine le moindre relief.
Nous reprenons ce type de plan au Luxembourg et en Moselle très régulièrement, ce sont souvent des cuisines des années 1990 et 2000. Voici la méthode.
Pourquoi un plan de travail carrelé pose un problème particulier ?
Le problème n’est pas le carrelage, c’est le joint. Un joint de plan de travail est creusé de un à trois millimètres par rapport au carreau, et cette différence se voit sous un film tendu.
Sur une crédence verticale, la lumière arrive de côté et le phénomène reste discret. Sur un plan horizontal éclairé par des spots ou par la fenêtre, le quadrillage réapparaît en transparence.
C’est la raison pour laquelle un film posé directement sur un carrelage sans préparation donne un résultat décevant au bout de quelques semaines, quand l’œil s’habitue et commence à voir la trame.
Comment savoir si votre carrelage est recouvrable ?
Deux tests suffisent, et vous pouvez les faire avant de nous appeler.
Le test du doigt : passez la pulpe du doigt perpendiculairement à un joint. Si vous sentez nettement le creux, le joint devra être repris. Si la surface paraît presque continue, la préparation sera légère.
Le test de la lumière rasante : placez une lampe de poche au ras du plan, à une extrémité, et regardez depuis l’autre bout. Tout ce que vous voyez en relief se verra sous le film.
Si un carreau sonne creux quand vous tapotez, il est descellé et il faut le traiter avant toute chose.
Quelles étapes suit la préparation d’un plan de travail carrelé ?
La préparation d’un plan de travail carrelé suit toujours le même ordre chez nous.
Nous commençons par un dégraissage complet, parce qu’un plan de cuisine a reçu des années de projections et que la colle n’accroche pas sur un film gras. Nous rebouchons ensuite les joints à l’enduit de rebouchage adapté, en débordant légèrement.
Après séchage, nous ponçons pour affleurer, puis nous dépoussiérons soigneusement, y compris les chants. Vient enfin un primaire d’accroche sur les zones poreuses s’il y en a.
La pose du film ne représente alors qu’une fraction du chantier. C’est la préparation qui occupe la demi journée.
Dans quels cas nous refusons le chantier ?
Nous refusons trois configurations, et nous le disons dès la visite.
Un carrelage en relief marqué, type carreau biseauté ou tomette, où le film ne pourra jamais être plan. Un listel ou une frise en saillie qui coupe le plan, sauf si le client accepte de le faire sauter et de reboucher. Et un carrelage dont plusieurs carreaux sont descellés ou fissurés, signe que le support dessous a bougé.
Dans ces cas, le covering serait un pansement. Nous préférons orienter vers un vrai changement de plan.
Quelle finition choisir sur un ancien carrelage ?
Sur un ancien plan de travail carrelé, les finitions texturées donnent les meilleurs résultats parce qu’elles tolèrent les infimes irrégularités résiduelles que la préparation n’a pas totalement effacées.
Le béton ciré, la pierre et le bois veiné sont nos trois choix par défaut dans cette configuration. Les unis brillants et le noir laqué sont à éviter, ils demanderaient une planéité que seul un support neuf peut offrir.
Le détail des finitions et de leur comportement est dans notre guide du revêtement de plan.
Le temps de chantier et le budget
Un plan de travail carrelé standard demande une demi journée de préparation plus une demi journée de pose, répartie sur deux passages à cause du temps de séchage de l’enduit.
Le surcoût par rapport à un plan stratifié tient entièrement à cette préparation. Il reste très inférieur au coût d’une dépose, qui implique de casser le carrelage, d’évacuer les gravats, de reprendre le support et parfois de redescendre l’évier.
Les fourchettes de prix sont sur la page covering cuisine.
Faire évaluer votre plan
Les deux tests décrits plus haut vous donnent déjà une bonne idée. Pour une réponse ferme, envoyez une photo du plan prise de biais avec une lumière rasante, et une photo rapprochée d’un joint.
Nous intervenons au Luxembourg, dans le Grand Est et en Belgique, visite et devis gratuits depuis le formulaire de contact.
